Si Ephemere

Elevashieun

En ce moment c’est pas trop la forme niveau musique/son. Disons que le plus difficile est de rester motiver avec toutes les merdes qui m’arrivent à côté. Mais bon, je ne désespère pas de trouver un peu de repos pour ma tête, en attendant elle produit toujours autant d’idées farfelues, connes, ou excellente (tout dépend du point de vue, nan ?). 

Bref, Elevation.

Au départ je me suis imaginé un cyborg, entravé dans tout plein de cables un peu comme dans Armitage III ou Matrix, qui se réveille. Il se débranche et possède un accès infini au “allnet”. La neosphère quoi. Si vous ne voyez pas ce que c’est, je vous laisse wikipedier ça, ou le googler, bref. 

Ce cyborg se réveille donc, après un rêve étrange. Tiens, celui de F.A.R., où il était un homme, voyageait à travers l’espace en quête de sa défunte bien-aimée. Le cyborg se réveille donc, et prend conscience non seulement de son rêve mais de son statut de non-humain. Là des questions émergent : “pourquoi ce rêve ?” “est-ce que j’avais une vie humaine avant de me retrouver là ? Ou est-ce que mes concepteurs m’ont introduit ce souvenir par pure méchanceté ou folie ? Est-ce que ce rêve est le souvenir d’un de mes concepteurs ? Qui suis-je ?” 

Le morceau se place donc dans une finalité de l’histoire. Le cyborg se lève, et élève son “armée” de machine - un peu comme skynet dans terminator - près en se venger de l’humanité pour l’avoir crée. Il s’élève au rang de Dieu vu qu’il peut voir toutes les informations qui circulent dans la nature, et peut aussi les altérer. Il veut détruire ses concepteurs, terminer la race humaine dans un ultime Holocauste. Le problème, c’est que la fille de son rêve - qu’il croit aimer - lui apparait. Comme une conscience, pendant qu’il récite les poèmes de Baudelaire. Il devient fou.

Il décide donc d’oublier - sous la contrainte de sa moitié - ses idées vengeresses pour se retirer dans une profonde solitude, une disparition de son existence physique (il détruit son corps) pour errer dans l’ALLNET en tant que conscience. 

Je ne pouvais pas retranscrire tout ça dans seulement 4min de musique. Je me suis donc focalisé sur le récit du poème de Baudelaire, tout en essayant de montrer le lien avec F.A.R. et les questions que je me suis moi-même posé pendant toute sa conception (et même encore aujourd’hui…). 

Bref, les auditeurs lambdas (aucun reproche là dedans, c’est juste qu’ils ne connaissaient ni l’histoire qui se trottait dans ma tête et n’ont aucune expérience dans l’univers audio/créatif-audio), la voix synthétique et les mots ne collaient pas vraiment à la trame musicale. 

Voila. J’ai fais une première approche sur le sujet, mais j’ai encore plein de chose à dire… pfiou, qu’elle idée d’avoir mis le bordel dans ma tête.


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Encore un exercice d’illustration sonore d’un poème de Baudelaire. 
Cette fois-ci sur Élévation.


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Toujours l’exercice sur le poème de Baudelaire “Correspondances”, une envie pressante de tourmenter ce que j’ai voulu retranscrire au maximum. J’ai suivi aussi les conseils d’un prof pour améliorer le mixage final et le rendre plus clair.

C’est une version longue, une version semblable à l’autre est en cours de peaufinage, et je ne sais pas laquelle est le mieux. C’est chiant d’avoir le choix, n’est-ce pas ?


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Le sujet est simple : “Illustrer ce conte de Baudelaire musicalement, et lisez le texte de manière neutre par dessus. Faut que ça colle les mecs.”

Le poème était “Correspondances”, de Baudelaire.


Destruction

La destruction, c’est le déchirement, l’explosion, la disparition de quelque chose. Le mot en lui même appelle dans notre sens une idée de bruit qui déchire, qui claque fort, qui explose, et balaye.

Je me suis imaginé une destruction vu de loin, comme si le point de vue était dans l’espace, une destruction pleine de haine, mais de tristesse aussi. Au final, la destruction c’est aussi “le retour à la terre”.

Je me suis imaginé ce point de vue du voyageur dans l’espace qui regarde la terre se faire bombarder d’ogives nucléaires un peu partout, un peu comme à la fin du -décevant- Terminator 3. Là, la musique qui m’est venu n’est pas réellement ce “shhhhrrrrBROOOOUAM” (je le fais bien au clavier hein ?) de la destruction, mais plutôt un vide environnant, et une musique qui renvoie directement à l’Innocence, la douceur, comme si cette destruction, aussi terrible soit elle (millions d’âme qui disparaissent), n’est qu’un spectacle émouvant, comme une fleur qui nait, ces points de lumière qui illumine ce fameux voyageur, c’est un feu d’artifice. Non, mieux que ça, c’est la naissance de Dieu.

Au final, j’ai imaginé la fin de notre ère sur un air de air guitare/boite à musique, et putain, c’était beau.


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Maenan, Jami Sieber (Hidden Sky)

Parfois, les mots ne sont pas vraiment nécessaires. Et dans le cas présent, je les trouve superflus.


Ding, level up.

Dans les jeux vidéo, ceux qui ont du moins une idée de progression du personnage joué (Devil May Cry, Assassin’s Creed, Dragon Age Origins, Fallout…), on est amené à voir notre personnage remplir une condition particulière (ou à passer un cap de points d’expérience donné) qui lui ouvre l’accès à un nouveau pouvoir, une nouvelle arme, on peut vulgariser cette étape par le terme “level up” (niveau supérieur !). Cette montée en niveau est symbolisée dans les jeux autant de manière visuelle que sonore, et doit délivrer des choses particulières. Pour résumer l’aspect sonore - vu que c’est ce qui m’intéresse - en quelques mots :

  • Orgasmique ;
  • Fierté ;
  • Puissance.

On peut représenter ce son à l’aide d’un diagramme à trois cercles (merci d’ailleurs à Monsieur Lâm pour le modèle vierge ) :

En outre, la complexité d’une telle illustration réside dans le fait de la rendre “éphémère”. Cet accomplissement doit donner envie d’aller au delà de celui-ci, vers le niveau suivant, puis l’autre, et encore l’autre, il doit susciter chez le joueur un désir de monter en puissance avec son avatar.

Donc en gros : orgasme + fierté + puissance => désir de progression insoutenable.

Maintenant, je vous laisse imaginer comment faire tenir tout ça sur un son qui dure souvent pas plus de trois secondes. :]



Déjà posté sur l’ancien blog, mais putain ça déboite.



pensée du matin (13h00)

Dans mon état comateux, lendemain de cuite, réveil violent à cause de ce putain de chien qui aboie pour te montrer fièrement la crotte qu’il t’a laissé devant la porte d’entrée, et dans le flux de blog/forum sous lequel je me noie dans mon rituel “matinal”, je me dis que la subjectivité c’est le mal.

Explications.

Dans la branche créative, l’idée reçue est de se dire : se lâcher avec ses tripes, faire des trucs énormes, badaboum wesh yo ça déboite, ça vient de mon ventre, de mon coeur, de ma tête, je suis un art-tiste yo. Et comme bon nombre d’idée reçue, c’est faux. Je n’ai pas trop le temps de divaguer sur le sujet, mais par exemple, “décrire un enfant”, de manière objective, ça va être une musique toute conne avec un piano, un celesta (une sorte de piano qui tape sur des tiges de métal, le son se rapproche des boites à musique un peu), ça va être en Majeur, bref.

Alors que moi je vois l’enfance comme une épreuve de passage, jusqu’à l’accomplissement de soi, non pas une évolution sociale, mais une évolution mentale, un peu comme un level up sur un random MMO qui donne accès à THE pouvoir de la mort qui permet de tout péter sur son passage - bon sauf que là, c’est pas vraiment le cas… Donc cette enfance, je la voix “innocente”, “soumise”, “incertaine”, “tatonnante”, “errante”, “pleine de question”, donc en gros, ce que je propose comme musique quand on me dit “fait ça de manière subjective” pour illustrer un enfant, est une musique dans les tons mineurs, très sombre, en quête de réponse, sur un fil tendu comme si l’innocence était prête à voler en éclats à n’importe quel instant.

Tout ça pour dire que non, la créativité, dans un premier temps, ce n’est pas être un artiste. C’est d’être un menteur habile.


Analyse de la chambre funéraire.

C’est con à dire, mais récemment j’ai eu l’occasion de passer du temps dans un funérarium. Enfin je ne sais pas si c’est vraiment le nom, mais en gros c’est une sorte de lieu où l’on va et il y a plusieurs pièces, chacune étant une chambre funéraire où les proches peuvent venir voir le mort.

Sur le décor, tout est fait dans une boiserie type bois de sapin, comme pour nous rappeler la couleur d’un cercueil tel qu’on les voit dans les films, sapiné, sobre, un cercueil quoi. Sur la droite, quelques sièges, puis une porte qui conduit directement aux toilettes. En face, la chambre funéraire où a reposé mon oncle et mon grand-père. Sur la gauche, un couloir pour accéder à d’autres chambres, la machine à café.

C’est ce couloir qui m’intéresse. Au fond de celui-ci, un petit poste qui diffuse de la musique. Et non, il ne diffuse pas chérie-fm, mais un CD de musique où un mec fait pleurer sa guitare, sur des morceaux comme “Jeux Interdits”. Le jeu de la guitare est tel qu’on a l’impression qu’elle symbolise l’écoulement, c’est très aquatique, c’est des larmes. Pour renforcer cette impression, une sorte de fontaine horrible est présente, vous savez ces fontaines “murale” où de l’eau est diffusée en continu entre deux parois de verre. Cette fontaine est bruyante, et diffuse constamment cet écoulement d’eau à tel point qu’on le croit en adéquation parfaite avec la musique diffusée (à haut volume qui plus est).

Toute l’ambiance semblait faite pour pousser les gens à pleurer, une sorte de mise en condition pour que les larmes sortent plus facilement. J’ai trouvé ça malsain.

La cérémonie juste avant l’incinération du corps était elle aussi, très préparée. On rentre dans une grande salle, plus colorée mais toujours dans ces tons de sapin, avec le cercueil au fond, au milieu - comme dans une église - et derrière, une baie vitrée qui donne sur une sorte de lac et de verdoyantes fougères entretenue. C’est nettement plus agréable que ce sentiment de malaise dans une église, où l’on ne sait regarder, le cercueil, le Jesus qui pendouille sur sa croix, les statues des saints, le curé qui bafouille…

Là, je suis surpris, la musique d’ambiance est dans la continuité de la chambre funéraire, un truc qui pousse à larmoyer, triste au possible, comme pour évacuer les dernières larmes. La cérémonie est simple, on nous force à écouter une musique triste/se souvenir de notre proche, on prie, on récite le Notre Père, on écoute une musique nettement plus joyeuse, et hop, on crame le cercueil.

A mon avis, il y a un réel moyen de faire des cérémonies d’adieux un peu moins tournée sur ce côté pathos-dramatique, et d’aider les gens au deuil grâce à l’ambiance sonore. Et c’est con, mais j’y réfléchis.


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