Si Ephemere

pensée du matin (13h00)

Dans mon état comateux, lendemain de cuite, réveil violent à cause de ce putain de chien qui aboie pour te montrer fièrement la crotte qu’il t’a laissé devant la porte d’entrée, et dans le flux de blog/forum sous lequel je me noie dans mon rituel “matinal”, je me dis que la subjectivité c’est le mal.

Explications.

Dans la branche créative, l’idée reçue est de se dire : se lâcher avec ses tripes, faire des trucs énormes, badaboum wesh yo ça déboite, ça vient de mon ventre, de mon coeur, de ma tête, je suis un art-tiste yo. Et comme bon nombre d’idée reçue, c’est faux. Je n’ai pas trop le temps de divaguer sur le sujet, mais par exemple, “décrire un enfant”, de manière objective, ça va être une musique toute conne avec un piano, un celesta (une sorte de piano qui tape sur des tiges de métal, le son se rapproche des boites à musique un peu), ça va être en Majeur, bref.

Alors que moi je vois l’enfance comme une épreuve de passage, jusqu’à l’accomplissement de soi, non pas une évolution sociale, mais une évolution mentale, un peu comme un level up sur un random MMO qui donne accès à THE pouvoir de la mort qui permet de tout péter sur son passage - bon sauf que là, c’est pas vraiment le cas… Donc cette enfance, je la voix “innocente”, “soumise”, “incertaine”, “tatonnante”, “errante”, “pleine de question”, donc en gros, ce que je propose comme musique quand on me dit “fait ça de manière subjective” pour illustrer un enfant, est une musique dans les tons mineurs, très sombre, en quête de réponse, sur un fil tendu comme si l’innocence était prête à voler en éclats à n’importe quel instant.

Tout ça pour dire que non, la créativité, dans un premier temps, ce n’est pas être un artiste. C’est d’être un menteur habile.


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